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Bilan de la position turque lors du sommet de l’OTAN
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Entre le 3 et le 4 décembre derniers s’est déroulé le 70e anniversaire de l’OTAN. Cette célébration de l’alliance des 29 membres à Londres a été l’occasion de réévaluer les enjeux sécuritaires auxquels étaient confrontés l’organisation. L’environnement sécuritaire de l’OTAN a donc évolué et divise ses membres quant à la restructuration de ses objectifs, et des moyens à mettre en œuvre. Plus encore, cette célébration exacerbait les divergences de points de vue au sein de l’alliance. Sur ces deux aspects, la Turquie a été au cœur des débats, lors de cet anniversaire.

Premièrement, la déclaration finale du sommet soulignait le danger sécuritaire que représente les menaces hybrides et les « actions agressives de la Russie » envers l’alliance. Cela a débouché sur un plan de défense de la zone baltique. La Turquie a d’abord menacé de poser son veto sur l’approbation de ce plan de défense, mardi dernier, avant de se rétracter et de l’approuver sous certaines conditions. Le ministre des affaires étrangères turc a insisté sur la prise en considération de tous les alliés à égalité. Par cela, il sous-entendait que les pays de l’Europe de l’Est étaient sujets à d’avantage de considération que la Turquie. En effet, malgré la mention dans la déclaration finale de la « menace terroriste » commune à tout les membres – menace à laquelle Ankara se réfère systématiquement pour justifier son opération « Source de paix » (Barış Pınarı Harekâtı) du 9 octobre dernier – Mevlüt Çavuşoğlu a voulu faire uninimement reconnaître le YPG comme terroriste.

La remise en question de l’alliance ne tient pas seulement à un nouveau contexte sécuritaire, mais tient aussi à la divergence des points de vue en son sein. Ainsi, cette volonté de Çavuşoğlu de faire reconnaître l’YPG comme terroriste est une réponse directe aux déclarations du président Macron précédant le sommet, ce dernier mentionnant des différences dans la « définition du terrorisme » entre les membres. La mention de la menace terroriste dans la déclaration finale, à partir du paragraphe 3, est donc une victoire en demi-teinte pour la Turquie. Cette mention est une déclaration de principe, et ne répond pas explicitement aux vœux d’Ankara.

Ce premier refus de la Turquie d’approuver la protection des pays Baltes constituerait donc une feinte en vue d’attirer l’attention sur son environnement sécuritaire. En témoigne l’offre par le président Recep Tayyip Erdoğan, lors des sommets quadripartites du sommet, d’un ouvrage traduit en 4 langues « La Turquie, le membre puissant de l’Alliance stratégique ». Le résultat pour la Turquie est positif, dans la mesure où la menace terroriste a été priorisée, et que l’affaire des S-400 n’est pas contrecarrer sa crédibilité. La logique de consensus de l’OTAN l’a donc finalement emporté.

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