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Incertitudes autour de la montée en puissance du dispositif américain au Moyen-Orient
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Dans un contexte de recrudescence des tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran, incluant une attaque contre les infrastructures pétrolières de Riyad, les Etats-Unis ont procédé depuis l’automne au déploiement sur le sol saoudien d’environ 3000 hommes supplémentaires, correspondant à deux escadrons de chasseurs (incluant des F-22 Raptor) et des systèmes de défense antiaérienne et antimissile (deux batteries Patriot et une batterie THAAD) additionnels. Plusieurs bombardiers B1-B sont venus renforcer ce dispositif. Cependant, un certain flou existe quant à l’approfondissement de cette dynamique.

En effet, selon le Wall Street Journal, l’administration américaine envisagerait la possibilité de déployer jusqu’à 14 000 personnels militaires supplémentaires au Moyen-Orient afin de faire pièce à la montée en puissance de l’influence Iranienne dans la région et de dissuader Téhéran d’entreprendre toute action à l’encontre des intérêts américains et des alliés de Washington. La publication de cet article a donné lieu à une série de prises de position contradictoires de la part de l’administration fédérale. Une porte-parole du Pentagone a commencé par réfuter la nouvelle, avant que, lors d’une audition devant le comité du Sénat aux forces armées (SASC), le sous-secrétaire à la politique de Défense (USDP) John Rood ne la confirme, précisant toutefois qu’aucune décision n’avait pour l’instant été arrêtée par le Secrétaire à la Défense Mark Esper. Ce dernier a finalement récusé l’information sans ambiguïté, ce qui rejoint le positionnement exprimé par le Président Trump dans un tweet.

De son côté, répondant à des questions de la presse, l’amiral Mark Gilday,  Chef d’Etat-Major de l’US Navy,  a affirmé que la marine américaine disposait des capacités de réponse à une montée en puissance dans la région, où opère déjà le porte-avions USS Harry S. Truman et son groupe aéronaval. Plus précisément, selon lui, la Navy pourrait y déployer un deuxième groupe aéronaval, si les autorités politiques en faisaient la demande.

S’il convient de demeurer très prudent quant à l’effectivité d’un tel déploiement de forces américaines au Moyen-Orient dans les prochains mois, l’administration américaine semble indéniablement traversée par une inquiétude croissante quant aux actions de Téhéran dans la région. Ainsi, plusieurs officiels ont affirmé à CNN que le renseignement américain et le Pentagone ont détecté des mouvements de forces et d’équipements militaires susceptibles de faire peser une menace potentielle sur les intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés. Plus précisément, aussi bien le New York Times que CNN se fondent sur les déclarations d’un responsable américain selon lequel des missiles balistiques courte portée iraniens auraient été transférés en Irak, d’où ils pourraient être utilisés par des milices pro-iraniennes contre les forces américaines. De surcroît, les autorités américaines ont annoncé qu’un navire de l’US Navy avait intercepté mercredi dans le nord de la mer d’Arabie un petit navire transportant des composants de missiles guidés qui auraient été destinés aux rebelles Houthis et dont l’origine semble être iranienne.

La menace est d’autant plus prégnante que, outre le durcissement de la rivalité entre Riyad et Téhéran, les tensions irano-américaines battent leur plein depuis le rétablissement des sanctions économiques contre Téhéran et les pressions continues pour que le régime abandonne son programme nucléaire. Or, selon le général Kenneth McKenzie, à la tête de l’US Central Command, l’Iran semble loin de s’engager dans la voie souhaitée par les Américains (reprise de l’enrichissement d’uranium notamment) et fait donc planer une menace grandissante sur les Etats-Unis mais aussi ses voisins régionaux.

 

 

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