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G5 Sahel – bilan du sommet de Nouakchott tenu le 30 juin 2020
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Le 30 juin, les chefs d’État du G5 Sahel et le président de la République française se sont rencontrés à Nouakchott pour dresser le bilan des actions initiées à la suite du sommet de Pau du 13 janvier 2020. Cette précédente rencontre avait abouti à la mise en place de quatre piliers d’action dans la lutte contre-terroriste, à savoir :

 

1) une concentration des efforts dans la zone dite “des trois frontières” contre l’État islamique au Grand Sahara ;

2) le renforcement des capacités militaires des armées sahéliennes ;

3) le retour de l’État dans les zones désertées ;

4) le renforcement de l’aide au développement, notamment via les actions de soutien de l’Alliance Sahel.

 

À noter que ces quatre piliers sont également ceux de la Coalition pour le Sahel. Officiellement lancée le 28 avril, cette nouvelle initiative vise à coordonner l’ensemble des actions – politiques, de développement ou sécuritaires- conduites par les partenaires internationaux du G5 Sahel. Rassemblant l’avis d’un certain nombre d’observateurs, le communiqué final de Nouakchott fait état d’un bilan mitigé.

 

Sur un plan sécuritaire, il fait valoir le renforcement des opérations dans la zone 3 frontières, notamment grâce à l’envoi de 600 militaires français supplémentaires. Il mentionne les résultats concrets et encourageants du mécanisme de commandement conjoint qui permet aux armées sahéliennes de gagner en autonomie et en coordination dans la préparation et la conduite des opérations. Le renforcement des capacités des armées africaines est néanmoins terni par les répercutions d’exactions commises contre des civils. Le communiqué annonce en ce sens un durcissement des procédures de sanction. Ce renforcement n’empêche pas la difficulté à tenir un front qui s’étend du lac Tchad à l’ouest du Sahel ni une préférence nationale parfois. Le président tchadien, Idriss Déby, qui avait déjà fait rapatrier un bataillon de 480 militaires tchadiens en route pour la zone 3 frontières afin de les déployer dans le cadre de l’opération tchadienne « Colère de Bomoa », a ainsi réaffirmé sa volonté de conserver l’ensemble des forces armées tchadiennes sur son territoire.

 

D’un point de vue politique et de développement, le satisfecit est moins net. Le retour de l’état dans les zones désertées est compliqué par la crise sanitaire et la stagnation du processus de paix d’Alger. Selon Mathieu Pellerin, seuls 23% des dispositions de l’accord ont été réellement mis en place et presque aucun progrès n’a été réalisé depuis 2017. L’alliance pour le Sahel aurait déjà défini un plan de développement de 17 milliards d’euros et élaboré plus de 800 projets, mais sans parvenir au stade de concrétisation. La multiplicité des projets et des coalitions révèle un risque de dilution et de chevauchement du fait de l’existence de doublons institutionnels.

 

En somme, l’évolution est positive mais laborieuse. Les dynamiques engendrées ces derniers temps sont à poursuivre, particulièrement l’africanisation de l’action militaire et son élargissement au niveau européen, qui sont un des objectifs du G5 Sahel et de ses partenaires. En ce sens, l’Union africaine a programmé l’envoi de 3 000 soldats, et un groupement supplémentaire de la force européenne Takuba devrait être déployé pour l’été.

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