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Trois semaines après le retrait du Royaume-Uni, le niveau de coopération militaire avec l’Union Européenne se précise
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Trois semaines après le retrait du Royaume-Uni, le niveau de coopération militaire avec l’Union Européenne se précise

 

Par Jeremie Ezerzer

 

 

Le 3 février 2020 à Bruxelles, Michel Barnier, le négociateur en chef chargé de la préparation et de la conduite des négociations avec le Royaume-Uni, a précisé le rôle que l’ancien État-membre serait amené à jouer dans la défense européenne. Désormais, le Royaume-Uni ne pourra prendre part aux projets de défense européens que dans la mesure où cette participation sert avant tout les intérêts technologiques et industriels de l’Union Européenne. Il a également rappelé que la participation britannique aux missions de l’UE serait décidée au cas par cas. La tendance actuelle semble donc indiquer qu’aucun traitement de faveur ne sera accordé au Royaume-Uni en matière de défense.

 

Malgré cette déclaration, le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab reste confiant quant au futur de la coopération militaire avec l’UE et s’est engagé à compenser la perte d’influence diplomatique et militaire du Royaume-Uni en faisant de ce dernier « un voisin encore meilleur [qu’auparavant] » pour l’UE. Pour atteindre cet objectif, il a déclaré vouloir s’appuyer sur l’Otan, l’OSCE et le Conseil européen. Cette idée vient s’inscrire dans la dynamique d’un conseil de sécurité européen initiée par la France et l’Allemagne.

 

Cependant, au cours des négociations du mois de novembre, M. Raab avait tenu à rappeler que l’UE n’était pas la seule option de coopération militaire pour le Royaume-Uni, en faisant notamment référence au Japon, à l’Inde et à la Corée du Sud, qui proposent des partenariats à des conditions moins contraignantes que la France et les Etats-Unis.

 

Pour les analystes et les acteurs du secteur privé, il est peu probable de voir naître une coopération avec l’UE à court terme. Dans une interview accordée à Defense News, Paul Everitt, le directeur général du groupe ADS (Aerospace, defence, security and space), a exposé les nombreux obstacles empêchant la mise en place d’une coopération. Il a insisté sur la question de l’accès de l’industrie de la défense britannique au fonds européen de la défense, en considérant que les discours de Boris Johnson laissent peu d’espoir à ce sujet puisque le Premier ministre britannique estime que le pays n’a pas besoin de ce fonds. La position du Premier ministre est en nette contradiction avec les propos de Ben Wallace, l’ancien secrétaire d’Etat britannique à la défense qui, en septembre dernier, avait regretté que le sous-financement chronique et la vision à court terme des dirigeants aient « vidé de sa substance » l’armée britannique.

 

Selon Paul Everitt, cette situation est d’autant plus préoccupante que la sortie de l’UE entraînera nécessairement un recul des ventes sur ce marché, qui devra être comblé par d’importants investissements dans ce secteur.

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