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Chroniques de la mer d’Azov 
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Notre équipe Russie a rédigé, dans le cadre de notre lettre hebdomadaire de veille stratégique, différents textes sur la mer d’Azov. Ceci est un extrait de notre newsletter parue le lundi 3 décembre. 

 

 

Kiev demande à l’OTAN de déployer des navires dans la mer d’Azov

 

Jeudi 29 novembre 2018. Face à l’escalade du conflit opposant l’Ukraine à la Russie en mer d’Azov, le chef d’Etat ukrainien Petro Porochenko a demandé jeudi à l’OTAN de déployer des navires dans la zone. Pour mémoire, trois navires ukrainiens ont été saisis dimanche par la marine russe. Depuis, Kiev accuse Moscou d’avoir significativement intensifié sa présence militaire dans la région, évoquant la menace d’une “guerre totale”. Selon Petro Porochenko, le nombre de chars, de navires et d’unités militaires russes présents auraient considérablement augmenté depuis les incidents de dimanche. Il dénonce également une dangereuse militarisation de la péninsule criméenne. Alors que les tentatives de prise de contact de la part du président ukrainien auprès de son homologue russe n’ont toujours pas abouti, Kiev a demandé aux pays membres de l’OTAN, et notamment à l’Allemagne, de les soutenir dans ce bras de fer avec Moscou. C’est également à l’Allemagne que Petro Porochenko avait fait appel, lorsqu’il avait demandé à la chancelière Angela Merkel de s’entretenir avec Vladimir Poutine dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 novembre. Considéré comme leur plus proche allié, Kiev espère que Berlin sera prêt à déployer des navires dans la zone afin d’y assurer la sécurité. Bruxelles s’est déclarée “extrêmement préoccupée” par l’escalade du conflit, mais n’envisage aucune action à ce stade. La chancelière allemande a appelé le chef d’Etat ukrainien à “rester raisonnable” et a déclaré qu’il n’y avait “pas de solutions militaires à ces confrontations”.

 

Mer d’Azov : Donald Trump annule sa rencontre avec Vladimir Poutine en marge du G20.

 

Jeudi 29 novembre 2018. Encore une fois, Donald Trump prend une décision de dernière minute en annulant sa rencontre avec Vladimir Poutine en marge du G20 de Buenos Aires.

 

Bien sûr, la raison officielle de ce revirement est l’incident survenu en mer d’Azov entre l’Ukraine et la Russie, qui a conduit à la capture et à l’emprisonnement de navires et de marins ukrainiens le 25 novembre dernier. La manœuvre militaire de la Russie a poussé Kiev à instaurer la loi martiale, ce qui symbolise une dégradation sans équivoque de la situation depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Donald Trump, dans un premier temps, n’a pas réagi à l’incident. Le lendemain des événements, sa réaction se faisait toujours attendre alors que la majeure partie des pays otaniens avaient déjà réprouvé l’attitude russe. Seule son ambassadrice à l’ONU s’était alors exprimée pour condamner le comportement de la Russie.

 

Donald Trump avait alors commenté les agissements de la Russie (« nous n’aimons pas cela ») avant d’évoquer une possible annulation de sa rencontre avec Vladimir Poutine en marge du G20 de Buenos Aires (Argentine). Une fois arrivé à Buenos Aires, Donald Trump a pourtant dit que le moment était opportun pour une rencontre compte tenu des événements. Une heure plus tard, le Président américain changeait encore d’avis. S’exprimant sur Twitter, Donald Trump a ainsi justifié l’annulation de sa rencontre avec le Président russe : « Puisque la Russie n’a toujours pas rendu les navires à l’Ukraine, j’ai décidé qu’il serait mieux pour toutes les parties concernées que j’annule mon rendez-vous… ».

 

Moskovski Komsomolets (MK), un journal russe, s’est interrogé sur les vraies raisons de cette étrange annulation: Donald Trump n’aurait-il pas été le mieux placé pour discuter avec Vladimir Poutine des récents incidents ? MK se demande ainsi si cette annulation n’a pas partie liée avec les aveux de l’avocat du Président américain, Michael Cohen. Celui-ci a avoué devant le Congrès américain qu’il avait menti sur les projets économiques et immobiliers de Donald Trump en Russie en 2016 alors que celui-ci était déjà candidat républicain aux élections européennes.

 

Ainsi, Donald Trump n’aurait-il pas eu peur de la confirmation de soupçons s’il rencontrait le Président russe ? Il se peut que le Président américain garde toujours en mémoire les accusations qui se sont abattus sur lui au lendemain de sa rencontre avec le Président russe à Helsinki de mener une politique trop conciliante à l’égard de Vladimir PoutineSi ce dernier a semblé peu apprécier l’annulation de cette rencontre dans un premier temps, il a ensuite déclaré disposer d’un gain de temps supplémentaire pour discuter de sujets tout aussi importants avec d’autres dirigeants lors du sommet, notamment avec Recep Tayyip Erdogan. Paradoxalement, le président russe est ainsi considéré comme le grand gagnant du G20, au regard du choix stratégique de ses interlocuteurs et des dossiers débattus.

 

Détroit de Kertch – l’Ukraine publie l’enregistrement de communications entre pilotes russes

 

Jeudi 29 novembre 2018. Le SBU (service de sécurité ukrainien) a rendu publics des enregistrements de communications entre les équipages russes d’un Soukhoï Su-30 et d’un hélicoptère KA-52 et leurs supérieurs. Oleg Frolov, sous-directeur du SBU (service de sécurité Ukrainien) a ainsi annoncé que l’Ukraine disposait d’une preuve incontestable d’une attaque préméditée de la marine ukrainienne par les forces russes et déclaré “Ces discussions ne laissent aucun doute quant au fait que le commandement militaire russe a délibérément ordonné de faire usage d’armes contre des bâtiments ukrainiens”.

 

Les soldats ukrainiens ont miraculeusement survécu, après avoir été victimes de six types d’attaques variées par l’agresseur”, a ajouté Oleg Frolov, le SBU citant comme sixième type de violence l’exercice d’une “pression morale physique et psychologique et l’arrestation illégale” de 24 soldats ukrainiens et précisant également que la Russie refusait de communiquer sur l’état de santé des blessés parmi les prisonniers. L’Ukraine a ouvert une enquête pour identifier tous les hommes impliqués dans l’incident côté russe et lancé des procédures pénales pour “planification, préparation, lancement et conduite d’un conflit agressif”, “tentative de commettre un crime” et “homicide délibéré”.

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