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Audition du général Richard Lizurey à l’Assemblée Nationale
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Par Solène Moitry

 

 

Le 16 octobre, le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) est intervenu devant les députés de la Commission de la défense nationale et des forces armées, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2019.

 

Cette audition fut l’occasion pour le général Lizurey de rappeler son attachement au statut militaire des gendarmes, gage d’une « certaine rusticité et d’une grande efficacité » et synonyme d’« avantage décisif en situation de crise » : seuls des personnels militaires de la gendarmerie nationale avaient en effet pu être projetés afin de porter secours aux populations antillaises affectées par le passage de l’ouragan Irma en août 2017.

 

Plusieurs projets visent actuellement à soutenir la « pleine efficacité opérationnelle » de la gendarmerie nationale, qui repose en partie sur la complémentarité entre personnels civils et militaires : création d’un service ministériel des achats et d’une direction du numérique au sein du ministère de l’Intérieur, accentuation des efforts de mutualisation des services techniques et scientifiques de la police et de la gendarmerie … tout en bénéficiant d’une hausse des crédits de paiement de 118 millions d’euros, hors compte d’affectation spéciale (CAS) « Pensions » et d’une augmentation des effectifs portée en 2019 à 634 équivalents temps plein, qui permettront de renforcer les unités. Le général Lizurey a néanmoins confessé partager « l’analyse et le souhait » d’Aude Bono-Vandrome, rapporteure pour avis des crédits de la gendarmerie nationale : la députée de la République en Marche prône la création d’une loi de programmation de sécurité intérieure, qui répondrait à la nécessité de « sanctuariser les budgets afin de fournir une visibilité à moyen terme aux responsables ».

 

Interrogé sur la baisse de 30% du nombre de réservistes au cours de l’année précédente, « douloureusement vécue localement » selon certains députés, et sur la possibilité de « sanctuariser les crédits alloués à la réserve », le directeur général de la gendarmerie nationale a rappelé les contraintes inhérentes à la loi de finances initiale. Celle-ci impose en effet une régulation budgétaire en 2018 et les crédits alloués à la réserve opérationnelle font partie de certains « leviers de gestion », selon le général Lizurey. Ce dernier a toutefois salué d’une part le budget pour l’année 2019 – 98 millions d’euros de crédits, permettant ainsi de maintenir 30 000 personnels – et d’autre part la modification du système de paiement, qui permettra aux réservistes d’être payés par la même application que les personnels d’active et de recevoir ainsi leur solde plus rapidement. Les réservistes convoqués par la gendarmerie nationale depuis le mois de septembre ne seront en effet payés qu’en 2019.

 

Admettant que le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) « traverse une période un peu difficile », le général Lizurey a indiqué avoir demandé une « réflexion en interne », qui viserait par exemple à intégrer les six antennes régionales du GIGN au sein d’une « vision globale de l’opération », tout en s’adaptant aux nouveaux paradigmes, illustrés notamment par une « logique de tueries de masse, avec une cinétique extrêmement rapide ».

 

Les enjeux du renseignement territorial et de la coopération entre gendarmes et élus locaux, renforcée par la nomination d’un gendarme référent auprès de chaque maire – dans le cadre de la police de sécurité du quotidien en 2018 – ont également été évoqués par le député Joaquim Pueyo. Si le général Lizurey reconnaît qu’il « reste apparemment des marges de progression », il a souligné l’accroissement de la fréquence des « réunions de travail réunissant l’ensemble des maires des communes relevant d’une compagnie territoriale pour que le commandant de compagnie et les commandants de brigade rendent compte de leur activité ».

 

Pour rappel, le projet de loi de finances pour 2019 prévoit de renforcer l’efficacité des forces de sécurité intérieures, en augmentant de 0,3 milliard d’euros des crédits de la mission « Sécurités » (police et gendarmerie nationales) par rapport à l’année précédentes et leur en accordant 2 500 emplois supplémentaires. Au cours de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’était en effet engagé à recruter 7 500 policiers et 2 500 gendarmes supplémentaires au cours de son quinquennat.

 

Vous pourrez retrouver au lien suivant le compte rendu intégral de l’audition du général Lizurey, publié sur le site de la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée Nationale. 

 

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