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Le réveil de la 2ème flotte : l’Atlantique Nord, futur champ de bataille ?
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Le réveil de la 2ème flotte : l’Atlantique Nord, futur champ de bataille ?

C’est le retour de la légendaire Deuxième Flotte américaine, dernier rempart des Etats-Unis sur mer pendant la Guerre froide, dissoute en 2011 faute d’une menace concrète dans l’Atlantique. Et pourtant, le 4 mai dernier, l’amiral John Richardson, chef des Opérations navales (CNO), a annoncé sa réactivation pour le 1er juillet, avec pour objectif la couverture de l’ensemble de l’Atlantique, des eaux caribéennes aux côtes européennes.

 

Signe du regain de tensions entre les Etats-Unis et la Russie, l’Atlantique ne constitue plus au XXIème siècle les douves qui protégeaient autrefois la forteresse américaine. Le renouveau de la flotte russe lancé par Vladimir Poutine, notamment de sa flotte sous-marine, fait désormais peser une menace dans cet océan. La réactivation de la deuxième flotte peut être perçue comme un aveu : celui de la relative perte de contrôle de l’océan Atlantique, par les Etats-Unis et par leurs alliés européens. Les régulières incursions de sous-marins russes aux larges des ports français, « jusque devant les côtes bretonnes » selon une expression utilisée par Jean-Yves Le Drian dans une audition au Sénat du 1er février 2017, en est l’exemple. Dans ce sens, la Deuxième Flotte permettra de réaffirmer la domination de l’OTAN sur l’Atlantique et ainsi de renforcer la composante maritime de l’organisation. Ce qui va dans le sens de la constitution du nouveau Commandement Atlantique qui travaillera au plus proche de la deuxième flotte (proximité géographique, les deux commandements seront basés à Norfolk en Virginie). Le réveil de la Deuxième Flotte est donc concomitant de la réunion de l’OTAN de février 2018 qui s’était conclue sur une menace russe des plus pressantes.

 

Le retour de la deuxième flotte va ainsi dans le sens de la politique du renforcement de l’interopérabilité dans le domaine naval que mènent les Etats-Unis vis-à-vis de leurs alliés. Cette politique s’est illustrée de manière récurrente depuis le début de l’année, notamment avec la France : opération conjointe Bois Belleau 100 dans le Golfe arabo-persique entre 2017 et début 2018 ; frappes aériennes et navales simultanées en Syrie en avril ; accueil du groupe aéronaval français sur des bases américaines et à bord de porte-avions américains dans le cadre de l’exercice Chesapeake alors que le Charles De Gaulle est toujours en maintenance.

 

Bien plus qu’une force de présence, la Seconde Flotte aura comme responsabilité les opérations destinées à contrer les desseins russes dans l’Atlantique nord. Pour ce faire, elle sera dotée du matériel le plus récent, de l’avion de surveillance Poséidon P-8 aux systèmes de radar sous-marins. De plus, la flotte bénéficiera de bases de part et d’autre de l’Atlantique puisqu’elle pourra s’appuyer sur des forces stationnées en Islande et au Royaume-Uni. Dotée d’une force létale indéniable, la seconde flotte marque donc la volonté de s’opposer de manière frontale à la Russie, alors que l’Incidents at Sea agreements de 1972, signé par les deux superpuissances pendant la guerre froide, est de plus en plus dénigré. Une escalade dans l’Atlantique pourrait ainsi demain devenir une réalité.

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