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Le développement de la stratégie russe selon Valeri Guerassimov
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Le développement de la stratégie russe selon Valeri Guerassimov

Le samedi 2 mars, Valeri Guerassimov, chef de l’Etat major de l’armée russe, vice-ministre et figure clé du ministère de la défense a exposé les priorités de Moscou lors d’une conférence consacrée au développement de la stratégie militaire russe.

 

Une doctrine moins centrée sur le nucléaire seul

 

Après avoir évoqué la nature hybride des menaces qui pesaient sur la Russie, et en insistant particulièrement sur les frappes de précision, les menaces spatiales, les pressions politiques et les conflits asymétriques, attribuant notamment aux Etats-Unis une stratégie dite de “Cheval de Troie”, combinant invasion secrètes et tirs de précision, Valeri Guerassimov a insisté sur la nécessité de rendre plus précise la doctrine russe et de lui donner une orientation résolument défensive.

 

A moyen terme, ces déclarations s’inscrivent dans un processus de développement et de réforme des forces conventionnelles et des armes tactiques et d’essor des théories sur les guerres hybrides en Russie qui conduisent à une place moins importante de la seule dissuasion nucléaire dans la doctrine russe, alors que cette place était prépondérante après la chute de l’URSS.

 

Une formation à la guerre dans l’espace

 

L’espace figure également en bonne place dans les orientations stratégiques russes. Valeri Guerassimov a évidemment rejeté sur les Etats-Unis la responsabilité de la militarisation de l’espace et a plus généralement dénoncé leur sortie du traité ABM et du traité sur les forces nucléaires intermédiaires.

 

La même journée, le vice président de l’académie de défense spatiale et aérienne russe a annoncé que son établissement allait former des officiers selon une nouvelle spécialité centrée autour de “l’endiguement des moyens militaires spatiaux”.

 

Quelle dissuasion ?

 

La dissuasion était enfin au centre du discours du vice-ministre, avec un accent porté sur le nouvel armement conventionnel de la Russie (tel que le système Peresvet, reposant sur des lasers) mais aussi sur les systèmes Kinjal, Avangard, Sarmat. Le développement en cours de l’arme sous-marine “Poseidon” – potentiellement capable de provoquer un Tsunami – et les plans de développement d’une fusée hypersonique basée en mer “Zircon” rappellent que la mer n’est pas oubliée dans les plans d’armements russes. Derrière cette annonce d’une posture défensive, certains de ces nouveaux systèmes d’armement permettront cependant à la Russie de mieux “couvrir” le territoire des pays alliés ou sous influence Russe.

 

Valeri Guerassimov a sans grande surprise évoque les projets du ministère de développer des ensembles de fusées à faible et moyenne portée suite au retrait de la Russie et des Etats-Unis du traité sur les forces nucléaires intermédiaires. Toutefois, Valeri Guerassimov a également souligné a demi-mot les contraintes budgétaires pesant sur la défense russe, qui excluraient une courses aux armement. La priorité du système de dissuasion russe serait dès lors accordée à la protection des forces de seconde frappe et des centres décisionnels du pays.

 

27 février : la Russie fête ses Forces spéciales

 

Le 27 février : le choix de la date n’est pas anodin. Il y a quatre ans, des soldats sans insigne et uniforme distinctif se sont emparés du Parlement et gouvernement local de Simiéropol et ont hissé le drapeau russe. Cette prise  amorçait le processus d’annexion de la Crimée. Un an plus tard, Vladimir Poutine reconnaît dans un documentaire russe intitulé Crimée, retour à la maison l’appartenance de ces militaires aux Forces spéciales russes.

 

Le général Guerassimov, chef d’état-major russe, déclare en 2013 que le rôle des Forces spéciales russes est de répondre à l’évolution des conflits au XXIème siècle. Ces unités sont indépendantes au sein de l’armée russe et sont rattachés au Commandement des opérations spéciales. Ces unités, de la Crimée à la Syrie, sont destinées d’après le site du ministère de la Défense russe, à mener « des opérations irrégulières de reconnaissance, de sabotage, de contre-terrorisme, de contre-espionnage, ou encore de guérilla ».

 

 

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